Sauver un filetage
Un assemblage vissant comporte une partie mâle,
généralement une vis ou un axe fileté. La partie femelle est un écrou ou
un trou dans une pièce, alors appelé taraudage. Les filetages peuvent
souffrir d'un serrage excessif et des démontages répétés. Voici quelques
solutions en cas de casse.
Pas question de changer une pièce importante pour un
simple taraudage foiré. Il peut parfois être repercé de part en part.
Une vis débouchant et un écrou assurent alors le serrage. Cette
réparation est possible sur un sélecteur ou sa biellette, mais rarement
sur un carter dont une vis tourne au lieu de bloquer. Une fois la vis
ressortie, le filet du carter moteur est enroulé autour d'elle. Après
avoir inventé de nouveaux jurons, que faire?
Visser plus loin
Utiliser une vis plus longue, qui une fois vissée au
fond du trou n'approche qu'à 2 ou 3 mm du carter. Puis intercaler une ou
deux rondelles pour serrer légèrement. Ainsi on utilise les filets
encore en bon état qui subsistent généralement au fond d'un filetage
abîmé. Pour les fignoleurs, au lieu des rondelles, réduire à la meule la
longueur de la vis. Éviter toute bavure qui achèverait le filetage du
carter !
Toujours dans le but d'utiliser le fond du filetage,
remplacer la vis par un goujon vissé à fond et collé. Fabriquer un
goujon en acier résistant, une vis coupée par exemple, et non pas de la
tige filetée de quincaillerie, peu solide.
Produits magiques
Les pâtes durcissantes, métaux synthétiques ou liquides,
peuvent s'ajouter à la solution précédente. Dégraisser vis et carter
(acétone sur un coton tige) et sécher. Laisser un peu de pâte prendre
légèrement dans le trou. Huiler très légèrement la vis (pour qu'elle ne
colle pas) et la visser. Ne pas forcer: la pâte est moins résistante que
le filetage d'origine. D'une façon générale, on peut rarement
reconstituer un filetage à l'aide de produits. Ceux-ci servent plutôt à
prévenir les desserrages (frein-filet). En évitant aux mécanos inquiets
de trop serrer, ils constituent donc une garantie indirecte contre les
filetage abîmés !
Papier alu
Ce truc est à tenter en dépannage de bord de route, pour
endiguer une fuite faute d'autre matériel. Enrouler trois tours de
papier aluminium bien proprement autour de la vis (en la tournant dans
le sens du vissage), et la revisser ainsi "grossie". Ne serrer que du
bout des doigts, il ne s'agit pas d'une réparation mais de maintenir
tant bien que mal et très provisoirement une pièce qui ne joue pas
directement sur la sécurité.
Filetage plus profond
L'idée est de refabriquer du filetage neuf au fond du
trou et d'utiliser une vis plus longue. Se renseigner auprès d'un
mécanicien ou ajusteur sur les dimensions des forets et tarauds à
employer, ou laisser le boulot à une personne habituée. La moindre
erreur peut rendre inutilisable une pièce très chère. La solution est
élégante et ne fragilise pas les abords du filetage. Elle empêche par
contre l'utilisation de la vis d'origine qui est parfois indispensable
si sa forme est très particulière. Enfin, la manipulation est délicate.
Diamètre plus important
Un filetage de carter (les plus fréquemment foirés) est
de Ø 6 mm au pas de 100 (un filet tous les mm). Il
peut être reconverti en Ø 7 mm toujours au pas de 100, en passant dans
le filetage abîmé un taraud de 7 x 100. Le taraud prend facilement dans
l'empreinte du filetage foiré. Comme les ajusteurs, effectuer un quart
de tour en avant, puis un demi-tour en arrière pour casser le copeau.
Dégager l'outil plusieurs fois pour les éliminer. Ne jamais forcer,
l'acier d'un taraud est fragile mais ultra-dur: s'il casse au fond du
trou, il est presque impossible à percer.
| POUR |
Simplicité et robustesse de la réparation |
| CONTRE |
Un filetage plus gros peut fragiliser
localement la pièce si la matière autour du trou est limitée en
épaisseur. |
Enfin, tarauds et vis de 7 mm sont difficiles à se
procurer. Tenter auprès d'un comptoir d'outillage ou d'un garagiste, car
la mécanique auto utilise parfois ce diamètre.
Simple étanchéité
Certains filetages ne sont pas utilisés pour un
assemblage avec contrainte, mais comme simples bouchons (cas typique:
bouchon de vidange, bouchon fileté d'accès aux réglages de soupapes ou
aux repères moteurs...). En cas de détérioration, les entourer d'une
dizaine de tours de ruban Téflon (ruban blanc non collant utilisé en
plomberie). Visser sans forcer, ça ne fuira pas ni ne se dévissera.
À retenir...
- Un
filetage abîmé dans une pièce importante peut souvent être réparé par un
amateur méticuleux.
- Une
tentative désastreuse transforme la pièce très chère en carrière à ciel
ouvert...
- Prendre
conseil avant d'intervenir.
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Graissage et lavage
Avec un nettoyeur haute pression, rester à 50 cm de
toute articulation: axes divers, joint de fourche, chaîne... La pression
y ferait pénétrer le produit nettoyant corrosif et la saleté. Elle
chasserait aussi le lubrifiant mis au montage, écourtant ainsi la durée
de vie des pièces.
Graissage: les roulements de roue et de couronne sont à
regarnir à chaque démontage de roue (type ouverts sur une face), ou sont
graissés à vie (fermé de chaque côté). La colonne de direction ne
demande pas de graissage avant plusieurs années (démontage nécessaire).
L'axe du bras oscillant et ses biellettes sont rarement
équipés de graisseurs, ces petites vis par lesquelles une pompe à
graisse envoie une microdose de graisse au cœur des pièces. Dans le cas
général (pas de graisseur), il faut démonter pour lubrifier tous les ans
ou 10 000 km, voire plus souvent sur mauvais revêtement.
La graisse jaune ultra-courante (graisse au lithium),
résistante à l'eau et bon marché, est parfaitement appropriée.
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