Contrôle des roulements et articulations
La route des vacances, avec des étapes
longues et une moto chargée, met à rude épreuve les roulements et
articulations de la partie-cycle. Pour une rentrée sur des rails, un
contrôle complet permettra de détecter tout jeu ou pièce fatiguée
nuisible à la tenue de route.
Les divers contrôles sont facilités par la présence d'une béquille
centrale. Et un cric de voiture de type parallélogramme (quelques euros
à la casse) est indispensable si vous ne disposez que d'une latérale
pour soulager alternativement la roue avant et la roue arrière.
Côté roue
Décoller légèrement la roue avant du sol en plaçant le cric sous le
moteur ou le cadre. Afin que la moto ne verse pas côté béquille
latérale, placer auparavant sous cette dernière une épaisse planche (5
cm environ).
Pour tester les roulements, secouer fermement d'une main le bas du
pneu de droite à gauche. De l'autre main, cramponner le bras de fourche,
avec l'extrémité d'un doigt posée sur le disque de frein ou le haut de
la jante. On ressent alors très nettement le moindre déplacement, signe
de roulement fatigué. Faire également tourner la roue à l'écoute de
grognements ou craquements de mauvais augure.
Colonne de direction
Roue toujours en l'air, secouer vigoureusement à deux mains les bas
de fourche d'avant en arrière, pendant qu'un aide glisse un doigt
inquisiteur à la fois sur le té supérieur et le cadre. Le moindre jeu
est ici facilement ressenti. Le rectifier éventuellement selon les
indications du manuel d'atelier.
Contrôler ensuite l'état des roulements, en faisant osciller
lentement la direction de butée à butée. Il ne doit se produire aucune
résistance, particulièrement en position "ligne droite", qui trahirait
l'usure des roulements. À remplacer alors sans attendre. En revanche,
s'il n'y a ni jeu ni points durs, tout est OK.
Rouen arrière.
Faute de béquille centrale pour décoller le pneu du sol, placer
comme plus haut une cale sous la latérale. Positionner le cric vers
l'arrière du moteur ou sous la platine de repose-pied droit, en un point
qui assure la stabilité de la moto. Secouer le pneu tout en tenant le
bras oscillant de l'autre main, avec un doigt posé sur le pneu. Des
roulements abîmés seront trahis par un mouvement à ce niveau, ou par des
bruits ou vibrations à la rotation, à ne pas confondre avec
l'engrènement d'une transmission usée.
Le porte-couronne possède son propre roulement interne, qui se teste
lui aussi en faisant osciller la pièce sur son axe. Le mouvement
tolérable est de 2 mm maxi au bord de la couronne. Au-delà, ou si le
joint baille à la jonction avec l'axe de roue, prévoir un roulement neuf
rapidement. Cette usure est normalement détectée préventivement. En
effet, les roulements de roue et de porte-couronne s'inspectent à chaque
démontage fait par le propriétaire ou le mécano lors du remplacement des
pneus ou kit chaîne.
Bras oscillant
L'inspection de son axe est plus facile roue arrière déposée. Sinon,
la méthode est la même mais l'estimation est moins fine. Secouer
l'extrémité du bras de droite à gauche, en observant attentivement la
jonction du bras au cadre, surtout du côté chaîne, qui subit plus
d'efforts. Le jeu doit être quasi nul.
Parfois, le bras ne fait que coulisser un peu le long de l'axe, sans
"flotter" autour de celui-ci. Ceci se règle sur certaines motos, au
moyen des douilles filetées par lesquelles l'axe est monté dans le
cadre. Consulter la revue technique.
Si l'amortisseur est facilement démontable, le retirer. Le bras peut
alors osciller librement, et il est bien plus facile de vérifier s'il
oscille sans grippage et sans jeu.
Biellettes de suspension
Si la fixation inférieure d'amortisseur est dévissée, l'état des
diverses articulations se contrôle en les faisant jouer sans ménagement
dans tous les sens.
ça ne doit pas être dur, ni tourner par
à-coup, et les jeux doivent être très faibles. À ce stade, il ne reste
plus grand-chose à démonter pour pouvoir les graisser. C'est le moment !
Assurer soigneusement la stabilité de la moto avant de se glisser
dessous pour forcer sur leurs écrous très serrés... Si la suspension est
montée, difficile de détecter un grippage, mais on peut toujours
vérifier un jeu excessif. Secouer de bas en haut l'extrémités du bras
oscillant. Un complice observe les diverses liaisons (axes du basculeur,
des biellettes, du bras) à la recherche de jeu. D'ailleurs, si jeu il y
a, on doit déjà le sentir en bougeant le bras oscillant. Reste à pointer
les pièces à changer, qui coûtent assez cher. Compter souvent 100 euros
ou plus pour un seul axe, ses roulements ou bagues et joints.
À retenir
- Les jeux de
partie-cycle sont néfastes à la tenue de route. Ils accélèrent l'usure
des pneus, des suspensions et de la transmission.
- Un simple contrôle
nécessite peu ou pas de démontage.
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Surveiller les pneumatiques
Les pneumatiques sont un
élément primordial du comportement routier de la moto. Ils méritent des
inspections fréquentes, à commencer par la vérification régulière de
leur pression.
Pour soigner la tenue de route, il faut éviter les
boudins inadaptés (largeur, indice de vitesse, compatibilité Av-Ar) mais
surtout être vigilant quant à leur état. Le contrôle primordial est
celui de la pression d'air. Tous les pneus fuient, même légèrement. Le
sous-gonflage rend la direction lourde, provoque flou et louvoiements;
surtout en duo, car le pneu se déforme. Par ailleurs, il s'échauffe et
s'use anormalement. La pression est à vérifier tous les deux pleins, ou
tous les mois au minimum. Pour des mesures fiables, utiliser son propre
manomètre, ce qui préserve des erreurs de ceux des stations-services,
souvent malmenés.
Quelle pression?
Comme pressions de référence, utiliser celles indiquées
sur sur le carnet d'entretien ou sur la moto (souvent sur le carter de
chaîne). Celles conseillées par le fabricant du pneu lui-même sont
souvent différentes, les demander lors du montage. Dans les deux cas, ce
sont des indications de sécurité pour conditions extrêmes: hautes
vitesses soutenues avec chargement maxi. Elles peuvent être très
légèrement diminuées selon l'utilisation: conducteur de 50 kg toujours
en solo et en ville, par exemple. Ceci améliore l'adhérence par temps
froid el le confort. Ne pas oublier, cependant, de regonfler pour le duo
ou l'autoroute.
Quand les remplacer?
L'usure modifie le profil du pneu et peut rendre la moto
désagréable, voire piégeuse. Parallèlement, la capacité d'évacuation de
l'eau, donc l'adhérence sur route détrempée, diminue plus vite que la
hauteur des sculptures. Il faut donc surveiller les indicateurs d'usure,
des tétons moulés au fond des sillons, repérés parfois sur le flanc du
pneu par un triangle ou l'indication TWI, voire par un "Bib", sur les
Michelin. La limite est atteinte si l'un de ces bossages affleure la
bande de roulement.
Autres inspections
Le pneu peut aussi s'user inégalement, "en dents de
scie" ou au carré. Des phénomènes difficilement évitables liés au type
du pneu ou aux routes utilisées. La surface de contact au sol est alors
diminuée. L'inspection routinière détectera aussi d'éventuelles
blessures sur les flancs, ou la présence d'éléments perforants dans la
gomme. Attention, le pneu peut fuir en les retirant. Dans ces deux cas,
présenter au plus vite le pneu à un pro. Et dans tous, ne pas attendre
l'extrême limite pour remplacer un pneu. La sécurité est plus importante
que les économies de bout de chandelles. La plupart des crevaisons se
produisent sur des pneus en fin de vie. Frayeur et dépannage coûteux à
la clé...
A retenir...
-
S'équiper de son propre manomètre de qualité.
- Ne
jamais dégonfler un pneu, même si la pression mesurée semble élevée:
elle augmente en roulant.
-
Remplacer les bouchons de valve manquants et les serrer correctement.
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